Premio a Colleu-Dumond,
la signora dei giardini d’arte

Stamattina a Orticolario, la premiazione della direttrice del Domaine Chaumont-sur-Loire, ideatrice del celebre Festival des Jardins

Premio a Colleu-Dumond, la signora dei giardini d’arte

(Foto di Madame Chantal Colleu-Dumond stamattina a Villa Erba, durante la premiazione)

Chantal Colleu-Dumond, la direttrice del Domaine Chaumont-sur-Loire ha ricevuto questa mattina il “Premio per un Giardinaggio Evoluto” - un’opera d’arte firmata da Nicola Salvatore - consegnatole dal presidente Moritz Mantero, alla presenza delle autorità e della stampa. Personalità di grande rilievo, in Europa, per aver ideato il Festival des Jardins trent’anni fa, Colleu-Dumond s’è detta «emozionata» per il premio e «ammirata» per la qualità della rassegna di Orticolario. Proponiamo qui la versione francese dell’intervista pubblicata lo scorso 23 settembre, nell’inserto di 16 pagine allegato a La Provincia.

Video di Vera Fisogni

Même si beaucoup d’entre nous n’en ont pas conscience, l’univers du jardin est absolument essentiel pour apporter aux êtres un équilibre, une relation privilégiée avec l’univers qui les entoure, a fortiori dans le contexte anxiogène que nous connaissons depuis quelques années lié notamment aux épidémies et au réchauffement climatique

Madame Colleu-Dumond, pourquoi ne pouvons-nous pas nous vivre sans les jardins ?

Même si beaucoup d’entre nous n’en ont pas conscience, l’univers du jardin est absolument essentiel pour apporter aux êtres un équilibre, une relation privilégiée avec l’univers qui les entoure, a fortiori dans le contexte anxiogène que nous connaissons depuis quelques années lié notamment aux épidémies et au réchauffement climatique. Le jardin apaise, agit sur tous les sens, l’odorat, l’ouïe, le toucher, la vue. Le jardin régénère physiquement et psychiquement. Et son côté nourricier est de plus en plus important et mis en valeur

Sa vie s’est déroulée dans de grands jardins historiques. Y a-t-il une leçon que vous avez apprise et que vous pensez pouvoir communiquer au public d’Orticolario ?

J’ai, en effet, eu la chance de vivre beaucoup à l’étranger et de faire de nombreux voyages, qui m’ont permis de découvrir un nombre considérable de jardins exceptionnels. J’ai d’abord eu la chance de naître dans une ville jardin, Dinard, en Bretagne, où les jardins à l’anglaise et les jardins de bord de mer ont forgé mon imaginaire. J’ai découvert, bien sûr, les grands jardins anglais, comme Storehaed ou Sissinghurst… J’ai vécu en Allemagne à plusieurs reprises et visité nombre de châteaux et jardins historiques, comme les jardins de Dahlem à Berlin, ou du parc du Château de Sans-Souci à Potsdam, le parc de Wörlitz, les jardins de Mainau dans le Sud de l’Allemagne… J’ai, bien sûr, vécu à Rome, ce qui m’a permis de découvrir tous les grands jardins italiens, comme ceux de la Villa d’Este aux sublimes fontaines, mais aussi tous les grands jardins de Toscane, comme ceux de la Villa Gamberaia. Ceux des grands lacs sont exceptionnels, comme Isola Bella dans les îles Borromée, mais aussi ceux de la Villa Balbianello, ceux de la Villa Carlotta …

C’est un très beau thème que celui que vous avez choisi à Orticolario. Le jardin doit être, en effet, du côté de la paix, du bien et du positif. Le jardin nous reconstruit et nous relie avec l’essentiel, avec l’univers, avec la nature

A Chaumont, les jardins sont plongés dans le contexte de l’architecture (le château) et de l’art contemporain. Comment arrivez-vous, en tant que metteur en scène, à créer une alchimie - chez le visiteur - entre différents univers ?

Liés à l’histoire et à l’architecture, ces jardins nous immergent dans une beauté intemporelle. Ils nous lient au passé, nous font vivre intensément le présent et sont aussi porteurs d’espoir pour le futur, tant le rôle du végétal et de la beauté sont et seront essentiels.Ces jardins nous éblouissent et nous élèvent. Ils nous allègent, comme si le poids des soucis, des angoisses s’arrêtait à la porte de ces jardins.

Le succès du Festival international des jardins est un cas d’école. Avec la culture et la botanique, on peut aussi faire des affaires...

Le Festival International des jardins a été créé il y a 30 ans en 1992. Il se voulait et se veut toujours un observatoire, un laboratoire des tendances du jardin. Il permet au public de découvrir, sur un thème différent chaque année, une trentaine de nouveaux jardins de mai à novembre.

Que signifie être la directrice d’un domaine comme Chaumont-sur-Loire ?

Tous les événements liés au végétal et toutes les réflexions liées au jardin et à la nature, aux plantes et à la botanique, sont aujourd’hui très recherchés, tant les problématiques environnementales, nourricières, autant qu’esthétiques sont aujourd’hui essentielles. C’est la raison pour laquelle les thématiques du Festival des Jardins ont souvent partie liée avec des sujets écologiques. Les visiteurs de Chaumont sur Loire passent, en effet, insensiblement du monde du jardin à celui de l’art et à celui de l’histoire. Il y a comme une hybridation permanente et délibérée entre les divers univers. Ce qui importe, c’est la création, l’exigence et la poésie. Paysagistes, artistes, architectes, designers, scénographes conjuguent leurs talents pour offrir à nos visiteurs une journée d’oubli et d’inspiration. La clé du succès du Festival International des Jardins de Chaumont sur Loire, c’est la réinvention permanente, la créativité des concepteurs, la pluridisciplinarité des équipes et l’obsession de la qualité: -la qualité des jardins, -la qualité de leur entretien et -la qualité de l’accueil du public.

C’est un grand privilège de consacrer sa vie au partage de l’art et de pouvoir offrir des moments de bonheur et d’émotion à nos visiteurs

Chaque année, apparaissent de nouveaux végétaux, de nouveaux matériaux, de nouveaux scénarios de jardins. C’est le renouvellement permanent de l’événement qui fait revenir le public et qui permet au Domaine d’équilibrer ses finances. Le Domaine de Chaumont sur Loire est désormais un ensemble de 35 ha regroupant le château, ses parcs, le Festival des Jardins, le Centre d’art contemporain et maintenant notre nouvel hôtel. La diversité des tâches, des rencontres et des problématiques est très grande. Le Domaine a une centaine de collaborateurs permanents et 200 personnes y travaillent pendant la saison estivale. Entre les questions liées au végétal, à l’entretien des jardins, à l’accueil des publics, à la préparation des saisons suivantes, tant dans le domaine de l’art contemporain que dans celui de l’Histoire, je ne m’ennuie jamais. C’est une tâche très lourde et tout à fait passionnante, faite de rencontres très enrichissantes avec des personnalités exceptionnelles. C’est un grand privilège de consacrer sa vie au partage de l’art et de pouvoir offrir des moments de bonheur et d’émotion à nos visiteurs.

Orticolario s’inspire du thème du conte de fées. En ces temps difficiles, peut-être devons-nous partir des jardins pour nous réconcilier avec la positivité, la paix, la bonté.

C’est un très beau thème que celui que vous avez choisi. Le jardin doit être, en effet, du côté de la paix, du bien et du positif. Le jardin nous reconstruit et nous relie avec l’essentiel, avec l’univers, avec la nature. Nous avons besoin de la beauté et du rêve pour survivre et pour résister. Je cite souvent la phrase de Michel Foucault : « Le jardin, c’est la plus petite parcelle du monde et c’est la totalité du monde ».Il aura une place de plus en plus importante dans nos vies.

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